Accueillis comme des coqs en pâte hier soir non loin de Malaucène par Laurent et Bernadette, j'ai eu le plaisir de retrouver Nadine et son mari, en compagnie de son âne Mosquito, belle bête trapue et costaude, croisé du Poitou avec une belle croix de Saint-André.

L'an dernier, elle m'avait parlé de son envie de faire un bout de chemin avec nous et c'est ce que nous avons décidé pour ce matin, alors que la rencontre avec Bandit n'avait pas été engageante.
Après une excellente soirée, nous avons ouvert les yeux à 7h, sous un ciel plutôt nuageux.
Nous sommes donc descendus sur Malaucène vers 10h30, en compagnie de Nadine et Mosquito, et finalement, la cohabitation s'est très bien passée.
Comme nous l'avions prévu, l'arrivée sur la place principale du village a été héroïque.
En effet, cette année, le concours des médias, que je remercie au passage de nous suivre avec autant d'intérêt pour
Gabriel, nous avons le plaisir de voir que les habitants nous reconnaissent et font souvent référence à un article paru dans les quotidien locaux. Ils ne manquent pas de nous poser tout un tas de question, pourquoi nous marchons, pour qui, comment, ne se lassent pas d'en savoir toujours plus sur les ânes.
Nous avons attaché les ânes le long d'un magnifique lavoir roman, et pendant que Nadine et Joëlle faisaient quelques courses de produits frais et se procuraient des pansements contre les ampoules ( et oui, le métier rentre!), j'ai gardé mon trio à poils. J'ai eu la grande surprise de récolter quelques dons supplémentaires, spontanément, même de la part d'un petit garçon!

Après le déjeuner, vers 12h30, à grands regrets partagés, nous avons quitté cette charmante petite commune de Malaucène, direction la
Combe de Comentige, fabuleux site que je voulais absolument faire découvrir à Joëlle.
Mais je savais, pour l'avoir atteinte l'an dernier, que la montée allait être très rude. En effet, nous sommes passés de 425 à 735 mètres d'altitude en peu de temps. Pour éviter de la faire galoper, je suis passée devant avec Bandit et elle a suivi à son rythme avec Marius.
Mais une fois au sommet, comme je le devinais, la beauté de l'endroit lui a fait oublier toutes les douleurs et les efforts fournis.
Quel spectacle!
Après un moment proche de la méditation, nous sommes redescendus par la forêt domaniale du Ventoux, avant d'attaquer la Combe Obscure, tronçon très dangereux en raison de l'aspect rocailleux et pentu du sentier.
Joëlle a d'ailleurs fait un beau vol plané mais sans gravité.
Il était temps pour tout le monde de s'arrêter, les ânes étaient très fatigués et nous aurions pris trop de risques en continuant.
Nous étions sur une aire naturelle de camping, sur le domaine de la commune de Bédouin, finalement pas si loin de l'objectif du jour.
Nous avons demandé au responsable des lieux l'autorisation de nous installer, ce qu'il a accepté, à la condition que les ânes ne passent pas la soirée et la nuit à braire.
C'était sans compter des congénères, un peu plus haut en pâturage, auxquels ils n'ont pas cessé d'adresser des messages...
Car oui, les ânes communiquent entre eux, je serais curieux de connaître les sujets de discussion!
Finalement, les ânes sont des animaux surprenants.
Même après 2 ans d'aventure, ils me surprennent encore.
Cet après-midi, nous sommes arrivés en bas d'un chemin, bloqué par quelques arbres plantés en travers.
D'après nos calculs, il nous fallait les débâter pour passer au-dessus des troncs.
Pendant que Nadine et Mosquito étaient partis en éclaireurs sur le côté afin de voir si on ne pouvait pas plutôt contourner les troncs, j'ai vu Marius plier les jambes avant, imité aussitôt par Marius.
Eux avaient vu tous seuls qu'en fait, on pouvait passer en dessous des troncs.
Pas nous!
Et après, qui osera encore dire qu'un âne n'est pas intelligent ni doué de réflexion?
C'est ainsi que s'achève cette journée intense, riche en émotion, partage, plaisir, et craintes.
Demain, une journée encore plus chargée nous attend, à nous le
Mont Ventoux!
Bonne nuit!